Interpréter la ville : correspondances / glissements d’espaces · February 14th, 2010
Entre les villes, celle où je vis, celles où j’ai vécu, celles que je ne connais pas encore, se tisse tout un réseau de connexions et de renversements, d’allusions et de proximités pressenties. Notre interprétation d’une ville est le résultat de tels échos de ressemblance suscitée par un détail ou une configuration, des glissements qui sont autant de départs vers d’autres villes. Il y a les départs objectifs, dus a l’imprégnation de tout un quartier par une population différente et lointaine ou par un bâtiment qui soudain fait rupture, il en est aussi de plus secrets, de moins facilement décelables, et qui n’existent peut-être que pour celui qui en perçoit le frémissement. Il en est encore d’autres qui relèvent du collage, lorsque par exemple, chez soi ou au contraire très loin, l’on se projette par la lecture dans un autre espace.
Jean Christophe Bailly (2001) La Clairière, in La Ville à l’œuvre, Paris: Les Editions de l’Imprimeur (p.73 – 79)
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