Ctrl-N/ journal: repository of texts, research and documents on cities, mapping, networks, psychogeography and the experience of places; Written and maintained by Olivier Ruellet.

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Le Tour de France ou la mise en scène du paysage · July 13th, 2010

Comme chaque année en juillet, “la plus grande course cycliste au monde” déroule sa pseudo-intrigue le long des routes nationales. L’intérêt sportif de l’évènement se ternit d’année en année, mais pas son succès populaire. Néanmoins, pour celui qui sait regarder derrière le peloton et au-delà du classement, le sport y est vite relayé au second plan, remplacé par un travelogue d’images, un vrai documentaire de voyage, qui plus est filmé en temps réel. Enfilades de lacets, survol de chateaux et de villages pittoresques, particulatités géologiques… on y montre le paysage sous toutes ses coutures.

Il est d’ailleurs fascinant de remarquer la place donnée a la géographie dans la couverture médiatique, du moins en France: les commentaires de chaque étape incluent systématiquement des références à l’histoire et à l’économie locales. La moissoneuse-batteuse médiatique active les noms de lieux sur son passage, dresse un portrait-robot de chaque ville, et transmet à distance une image du territoire.


Hybrid Territories Joan Ayrton / Grégory Chatonsky / Bas Zoontjens · March 20th, 2010

HYBRID TERRITORIES JOAN AYRTON / GRÉGORY CHATONSKY / BAS ZOONTJENS
20.03.2010 > 01.05.2010
VERNISSAGE 20.03.10 >16H

Galerie Kamchatka
23, rue charles V
75008 Paris

Hybrid Territories posterLa galerie Kamchatka est heureuse d’annoncer l’exposition HYBRID TERRITORIES qui regroupe les travaux de Joan Ayrton (artiste de la galerie) et de deux artistes invités : Grégory Chatonsky (galerie Poller, Frankfurt – New York) et Bas Zoontjens (galerie Cokkie Snoei, Rotterdam) autour d’une intention d’invention du paysage.

Tous trois créent à travers les oeuvres présentées des paysages et territoires fictifs. Le paysage s’oppose à la nature en cela qu’il est un point de vue, un point précis d’où part le regard, un simple pas de côté modifie et altère notre perception d’un espace, donnant à voir tout autre chose. A l’heure où l’homme est décidé à sauver la nature et la terre, rejetant deux degrés supplémentaires au thermomètre, nous pouvons nous interroger sur la manière choisie ou non d’agencer les territoires et paysages. Aux frontières des zones rurales et urbaines, on trouve des espaces étranges et difficiles à définir. On y ronge le sauvage pour y planter ce qui ne passe plus en ville : zones commerciales et industrielles, échangeurs routiers, parkings, etc…
Ces espaces hybrides s’étendent depuis longtemps, le paysage agencé et maîtrisé dans un but fonctionnel et utilitariste. L’anthropisation – transformation d’espaces ou de milieux naturels sous l’action de l’homme – est inhérente à notre présence, l’idée de Wilderness, un espace naturel préservé à tout prix, interdit à l’activité humaine, est une utopie réalisée – tous les pays ont créés des concepts de réserves et parcs naturels – mais incomplète puisqu’elle ne peut être que temporaire. L’idée romantique d’une nature vierge et primaire ne fait pas le poids face à l’utilisation pragmatique de ses ressources et le risque constant de destruction volontaire ou accidentelle.
Deux notions s’affrontent : contrôler et régenter tel le démiurge conscient de son pouvoir et sûr de son droit ou, être le strict gardien de ce qui peut être préserver, le conservateur des vestiges naturels encore intacts, John Muir face à la vallée de Yosemite.
Le terme hybride nous renvoit également à l’altération humaine de la nature ; hybrida, en latin, définit simplement le croisement d’un cochon et d’un sanglier. C’est à travers son étymologie grecque que l’on retrouve le sens moral du mot : L’hybris étant considérée dans la mythologie comme la faute humaine ou divine de démesure, de dépassement de la limite. Dans le code moral antique, prémice de la morale chrétienne, elle est punie par la Némesis, vengeance divine destinée à rétablir l’équilibre naturel des choses.
On retrouve cette dualité dans les oeuvres de Joan Ayrton, Grégory Chatonsky et Bas Zoontjens, elles révèlent une nature et des paysages altérés, transformés d’où poignent un malaise, un sentiment étrange de désolation. Ils nous montrent des territoires hybrides, à portée de Nemesis.

Joan Ayrton, présente des oeuvres récentes de la série «Iridescant Landscape» (acrylique sur papier, 2009-2010). Dans cette série, l’utilisation de couleurs iridescantes révèle des paysages denses et complexes où la ligne d’horizon toujours présente apparaît selon l’angle de vue. «Graphite» (graphite sur bois, 2009) évoque un paysage de nuit dont la ligne d’horizon apparaît ou non selon les reflets du graphite.

«The road» (photographie, 2009), de Grégory Chatonsky dévoile des bords de route où des arbres calcinés s’entremêlent et surgissent d’une nuit d’encre. L’enchevêtrement des branches grises et mates ne nous permet pas réellement de distinguer s’il s’agit de bois ou de matériaux manufacturés détruits. Grégory Chatonsky présente également au sous sol de la galerie, une installation vidéo «The Forest» (2009), un long traveling à travers les cimes d’une forêt numérique. Il s’agit en réalité d’images en 3D créées automatiquement à partir de données récupérées sur internet.

Bas Zoontjens qui expose pour la première fois en France, présente une série de peintures sur bois de petits et moyens formats. Ses peintures fragiles inventent un monde d’architectures utopistes, évoquant un futur possible pour l’humanité. Avec très peu de moyens, il nous plonge dans un univers irréel et atemporel mêlant formes géométriques et constructions d’espaces en ruine.

http://kamchatka-artblog.blogspot.com/


Destinations · November 25th, 2009

A couple of years ago, the French National Railways Network (SNCF) ran this ad campaign ironically subtitled “luckily, we give you more options than just the train”, to publicise the lesser-known range of travel services they were offering and mock the dusty and tarnished image often carried by the state transport operator.

In these pictures, the frenchisised phonetics of faraway place-names (Los Angeles, New York, Cancun, Singapore) humourously collide with the humble road sign more typically found at the entrance of the average sleepy village, deep in the Gallic countryside…


L’Europe vue par… · July 3rd, 2009

Sans commentaire…


Sur les panneaux et la discrétisation de l’espace · August 10th, 2008

Curieuse apparition: les nouvelles plaques qui ornent les angles de chaque ruelle de village arborent des noms tout aussi vides de sens que d’histoire; Sans doute le fruit de la dernière directive europèenne relative au fichage technologique de l’espace, mesuré, ratissé et discrétisé par la navigation satellite. Cette nouvelle standardisation typonimique officialiserait-elle la fin des lieux-dits?

Ah… rien ne vaut un sacro-saint panneau Michelin!

borne Michelin


Par delà la montagne · August 8th, 2008

Le Mont d'Or, Juillet 2008.

Le haut Jura regarde sans jalousie la théâtralité des Alpes, il ne se hérisse pas. L’air est léger. Le soleil règne sur l’herbe rase et sur des roches à fleur de peau. [...] Ici les jours ne sont pas tous des beaux jours. Le haut jura sait faire le gros dos sous des pluies interminables ou dormir longtemps sous la neige des vastes toits de ses fermes éparses. Il ignore les petits amateurs de loisirs, il est comme l’univers qui se soucie si peu de l’apparition épisodique des races.

Le Voyage Au Mont d’Or – Jean Francois Nivet, Séquences

La montagne qui nous nargue bientôt nous offre son échine. Cette élévation physique, qui repousse notre horizon et amène ordre et logique dans le paysage, nous fournit une sensation de contrôle et de plénitude et un pouvoir panoptique – Comme si le rayon du paysage visible limitait notre capacité à nous projeter, en nous y opposant une frontière symbolique plus ou moins distante.

Cette vue étendue se traduit par des pensées plus larges, par la capacité accrue à se projeter dans un futur qui dépend de la disponibilité de l’espace nous faisant face. Symboliquement, c’est le dépassement d’un cap. Est-ce cela, se sentir ailleurs, « en vacances »?


Ich Bin – Obéis! · June 9th, 2008

Ich Bin - Ob�is

Cette carte de France à la toponymie fantaisiste n’est autre que l’illustration du LP de Ich Bin, “Obéis!”, sorti chez Poutre Apparente.

La représentation d’un territoire parsemé de symboles militaires ferait penser à une carte d’état-major, si les noms de sa géographie n’étaient pas humoristiquement travestis en noms imaginaires, tels Mulhouse qui trone en tant que capitale, ou le mont Jacques Chirac qui domine les Ardennes.

Plus d’infos, tracklist et bios sont disponibles sur le site de Poutre Apparente.


l’Homme-Paysage – Musée des Beaux Arts de Lille · January 7th, 2007

L'Homme Paysage - exhibition poster

« Un homme fait le projet de dessiner le Monde. Les années passent : il peuple une surface d’images de provinces, de royaumes, de montagnes, de golfes, de navires, d’îles, de poissons, de maisons, d’instruments, d’astres, de chevaux, de gens. Peu avant sa mort, il s’aperçoit que ce patient labyrinthe de formes n’est rien d’autres que son portrait. »

Jorge Luis Borges

Le propos de cette exposition thématique, qui a investi les sous-sols du Musée des Beaux Arts de Lille à l’occasion du festival Bombaysers de l’automne 2006, est de proposer un panorama des relations entre le corps humain et le paysage, apprécié à travers la vision d’artistes de la Renaissance à aujourd’hui, et qui soulève la question métaphysique de la place de l’homme dans l’univers.

La muséographie regroupe les oeuvres selon cinq sections: cabinets de curiosités et Paysage anatomique sont présentés dans un volet historique, Homme-Végétal, Homme-Minéral, et Paysage érotique sont présentés dans le volet contemporain.

« Car de même que l’homme est un composé de terre, eau, air et feu, il en est de même du corps de la terre. Si l’homme a les os, support et armature de la chair, le monde a les rochers comme supports de la terre ; si l’homme porte le lac du sang où le poumon se gonfle et dégonfle dans la respiration, le corps de la terre a son océan qui, lui, croît et décroît toutes les six heures en une respiration cosmique ; si les veines partent de ce lac de sang, en se ramifiant dans le corps humain, de même l’océan remplit le corps de la terre d’une infinité de veines d’eau »

Léonard de Vinci

Les “têtes composées” du contemporain Giuseppe Arcimboldo (1530-1593), méticuleux assemblages picturaux de fleurs, fruits ou objets, rappellent que de même que l’Homme n’est pas si distinct de son environnement et que la Nature fait partie de l’Homme, tandis qu’au XVIIIe siècle les premières planches anatomiques mettent en exergue le rapprochement entre les monde végétal, minéral et corps humain.

« Qui pourrait nombrer les merveilles qui appellent et se disputent l’attention du spectateur? Les routes du sang marquées par un fluide coloré, la lymphe remplacée par le mercure, des ramifications que l’on serait tenté de prendre pour les productions les plus déliées du règne végétal, le système nerveux, espèce d’arbre étonnant dont les racines occupent les parties supérieures et les branches la partie inférieure. »

J.J. Sue (chaire d’anatomie à l’Académie royale de peinture et de sculpture)

C’est l’époque où, témoin de la pensée humaniste, l’artiste conçoit l’humain comme paradigme du monde. L’anatomie, l’espace intérieur du corps et ses réseaux sont étudiés; Les textures nerveuses, musculaires, sanguines, le tracé des organismes sont comparés analogiquement à la géologie, au tissu végétal et minéral, à la botanique et à l’entomologie. La nature est recomposée sur l’unité de la figure.

La curieuse tradition des paysages anthropomorphes apparaît quant à elle à la fin du XVIe siècle, et part d’une volonté de comprendre ou de domestiquer la nature, également présente dans l’Art des jardins.

Utagawa Kuniyoshi - Sans titre (Sexe d'une femme paysage)

Utagawa Kuniyoshi – Sans titre (Sexe d’une femme paysage)

Computer-Jam Lille – L’homme paysage


IBIS la bicyclette interactive · November 18th, 2006

IBIS la bicyclette interactiveRob White’s “IBIS la bicyclette interactive” (2001) (IBIS the interactive bicycle) is an interactive installation inspired by a piece of text written by the author’s grandfather in 1909, in which he related his journey from England to Spain, through France and the Pyrenees. IBIS enables the spectator to explore that text interactively, thanks to an antique bike fitted with sensors, which gives the possibility to navigate through the time and space of the book at the desired speed.


Théorie de la Dérive (Guy Debord) · November 18th, 2006

In his text The Theory of Dérive (1956), Guy Debord seeked to convince the reader to let emotions resonate when looking at and experiencing urban spaces; The Dérive – the French word for an aimless stroll – institutes the city as a network of narratives, of experiences and events. Space itself becomes the product of inhabiting. “To dérive is to notice the way in which certain areas, streets, or buildings resonate with states of mind, inclinations, and desires, and to seek out reasons for movement other than those for which an environment was designed. It is very much a matter of using an environment for one’s own ends, seeking not only the marvellous beloved by surrealism but bringing an inverted perspective to bear on the entirety of the spectacular world.” 1

The Dérive is somewhat related to Flânerie, a word coined in the mid-eighteenth century by the French poet Charles Baudelaire to describe the typically Parisian leisurely exploration of city streets by pedestrians, detached observers of the industrial metropolis. The Dérive can also be likened to the surrealist street adventures of André Breton 2, in which night promenades in the city are raised by a succession of dreamlike impressions and romantic fantasies.


1 Sadie Plant, The Most Radical Gesture: The Situationst INternational in a Postmodern Age. London and New York : Routledge, 1992.

2 André Breton, Nadja . Paris : Gallimard, 1927.